Viktor Bout, un des plus grands trafiquants d'armes du monde, a été arrêté à Bangkok, en Thaïlande. Il est tombé dans un piège tendu par des policiers américains de l'agence anti-drogue (DEA), qui se seraient fait passer pour de hauts responsables de la guérilla colombienne. La justice américaine va demander son extradition. Il est accusé d'avoir vendu des armes aux FARC, considérées par les Etats-Unis comme une organisation terroriste. Hollywood avait déjà adapté sa vie au cinéma avec le film Le seigneur de la guerre interprété par Nicolas Cage. Son arrestation pourrait faire l'objet d'un autre polar américain.
Viktor Bout, qui disposait d’une flotte d’une cinquantaine de petits avions, s’était fait une spécialité de vendre des armes dans les pays frappés par des embargos de l’ONU. Parmi ses clients, figuraient l’ancien président du Liberia, Charles Taylor, mais aussi les rebelles congolais et les Talibans. Viktor Bout était également impliqué dans le trafic de drogue et le commerce illégal de diamants.
Malgré les sanctions des Nations-unies et un mandat d'arrêt émis par la Belgique, les avions de sa compagnie Air Cess, basée aux Emirats Arabes Unis, poursuivent leurs livraisons. Protégé ? Viktor Bout l'a longtemps été. Par ses liens avec des personnalités russes, mais aussi par Washington. Selon plusieurs sources, ses avions auraient en effet livré du matériel à l'armée américaine en Irak.
Symbole de la mondialisation du commerce des armes, Viktor Bout semble avoir été rattrapé par cette même mondialisation, puisqu’il a en effet été arrêté en Thaïlande suite à un mandat américain délivré pour trafic d'armes avec la guérilla colombienne.
Après l'Equateur et le Venezuela, c'est au tour du Nicaragua d'annoncer la rupture de ses relations diplomatiques avec la Colombie.
Le président du Nicaragua, Daniel Ortega, a fait savoir jeudi lors d'une conférence de presse organisée à l'occasion de la visite du président équatorien à Managua, qu'il n'était pas satisfait de la résolution adoptée la veille par l'OEA et a qualifié de « crime » l'incursion colombienne en territoire équatorien samedi.
Lors de cette même conférence de presse, Rafael Correa a affirmé que le président colombien, Alvaro Uribe, était au courant que la guérilla des FARC allait libérer 12 otages en Equateur, dont Ingrid Betancourt, dans le courant du mois de mars.
L'Equateur se défend ainsi après les accusations portées par Bogota de soutenir l'organisation terroriste.
A Quito, l'ambassadeur français a d'ailleurs annoncé qu'il était lui aussi au courant des contacts de l'Equateur avec les FARC pour la libération de la Franco-Colombienne.
Dans le camp adverse, les Colombiens peuvent compter sur l'appui des Etats-Unis. Condoleezza Rice, en déplacement ce jeudi à Bruxelles, a affirmé que la Colombie était un pays « qui avait fait de bons choix » et « un bon ami » des Etats-Unis.

