Les crises sont par tradition feutrées au Liechtenstein. Dans l'étroite vallée de 24 km qui sert de domaine à son prince, coincée entre Suisse et Autriche, les échos de fraudes fiscales résonnent souvent assez mal contre les façades en crépi des agences fiduciaires. Aussi, c'est surtout au rare bruissement des pages de journaux consacrées au scandale, historique, qui ébranle l'Allemagne depuis le 15 février, que s'appréhende le malaise de ce petit paradis fiscal managé en tweed et collier de perles.
Les milliards d'euros que des centaines de contribuables allemands ont soustraits, ces dernières années, au fisc de leur pays, étaient confiés à l'air montagneux de la principauté.
En 2000, la principauté s'était déjà fait connaître quand il avait été découvert qu'il était le refuge des fonds secrets de la CDU, le parti du chancelier Helmut Kohl. Cette fois, le scandale ébranle jusqu'au monarque de la vallée. Les sommes cachées l'étaient particulièrement à la LGT-Bank, premier établissement du pays, dont le propriétaire n'est autre que le prince Hans-Adam II, "von und zu" Liechtenstein.
Pour ce catholique pieux, qui vantait lors de son 63e anniversaire, le 14 février, les qualités "naturelles" des femmes à se consacrer à l'éducation des enfants, l'affaire chahute les valeurs princières.
Le gouvernement allemand a confirmé avoir infiltré, via ses services de renseignements, le système bancaire du Liechtenstein et dépensé près de 5 millions d'euros pour obtenir d'un ancien employé de la banque les listings de clientèle. Or s'il est une chose sacrée, au Liechtenstein, c'est le secret bancaire. S'y attaquer, "c'est porter atteinte aux intérêts essentiels de l'Etat".
Le prince héritier Alois, 39 ans, gérant des affaires de son père, devait organiser mardi 19 février une conférence de presse en catastrophe, tandis que le chef du gouvernement Otmar Hasler prenait la direction de Berlin pour rencontrer le lendemain la chancelière Angela Merkel dans le cadre d'une visite prévue de longue date.
Les professionnels de la place s'alarmant des nombreux appels de leurs clients, il convenait de défendre la banque princière, ses 29 représentations à travers le monde et ses 1 300 collaborateurs. Protéger aussi le produit net bancaire du pays, 26,85 milliards d'euros en 2006, et ses actifs sous gestion, 160,9 milliards de francs suisses, qui permettent au pays d'avoir une richesse par habitant deux fois et demie supérieure à celle de la France.
Pour bâtir ce qui constitue aujourd'hui environ 30 % du PIB du Liechtenstein, micro-Etat de 35 000 habitants, dont 12 000 étrangers, et par ailleurs leader mondial de la dent artificielle, les princes n'ont dédaigné aucune méthode. "Il faut que je gagne assez le matin pour avoir les moyens d'être prince l'après-midi", commentait Hans-Adam II, en 2000. En 2003, il a obtenu par référendum, après avoir fait à ses sujets un chantage à l'exil dans ses palais autrichiens, tous les pouvoirs : limoger le gouvernement, bloquer les lois votées par le Parlement et intervenir dans la nomination des juges. Seule concession virtuelle, le peuple peut abolir la monarchie par référendum à la majorité des deux tiers...
En attendant, l'implication princière lui vaut une opposition discrète. Le porte-parole d'un groupe parlementaire interrogé sur la crise préfère renvoyer sur un autre porte-parole... celui du gouvernement. Même réaction à la représentation du Liechtenstein à Strasbourg. "Ce qui arrive n'est pas du tout une surprise, le secret bancaire est fait pour la fraude fiscale", ose Paul Vogt, l'un des trois députés de la Liste libre (FL), rare voix discordante dans un pays où le vice-président du Parlement travaille aussi pour la LGT-Bank. Et où les quotidiens sont chacun affiliés à l'un des deux autres partis, conservateurs, proches du prince.
A Vaduz, la capitale, derrière l'épaisse enceinte du château familial, perché à flanc de falaise, la stratégie de protection du paradis fiscal familial, devenu totalement indépendant en 1806, se transmet de prince régnant en prince héritier depuis l'après-guerre. L'enjeu : assurer l'excellence dans le domaine de la discrétion bancaire, tout en évitant les foudres des organismes internationaux de lutte contre le blanchiment. En 1999, les renseignements allemands dénonçaient des liens étroits avec les cartels sud-américains de la drogue. Deux ans plus tôt, le Liechtenstein avait mis en place un organisme de contrôle des services financiers, comme on le lui demandait. Mais avec seulement cinq personnes. En 2001, il a aussi mis fin aux comptes anonymes. Mais pas aux "fondations", ces structures financières très prisées - il y en aurait plus de 60 000 - qui permettent d'isoler son patrimoine.
Pendant ce temps, la famille princière se vante de détenir l'une des plus grandes collections privées de peintures baroques. Une vingtaine de Rubens, des Rembrandt, des Van Dyck, des Botticelli. Et se rêve toujours en "paradis fiscal propre".
publié par CHABOUNI Youcef dans: Actualité
Le président russe Vladimir Poutine devait s'entretenir, mardi 19 février, avec son homologue algérien, Abdelaziz Bouteflika, en visite à Moscou, au sujet d'un différend sans précédant au sujet de la livraison de chasseurs Mig-29 par la Russie. Selon le quotidien Kommersant, un accord a été signé avant la venue du président algérien prévoyant le retour de quinze Mig-29 fournis en 2006-2007 par la Russie, officiellement en raison de leur qualité décevante. Ces livraisons s'inscrivaient dans le cadre d'un grand contrat d'armement, d'un montant de 1,28 milliard de dollars, signé en mars 2006.
Selon une source au sein de la Compagnie aéronautique unifiée russe (OAK) citée par le quotidien russe, la Russie propose à l'Algérie de remplacer les Mig-29 par des avions plus modernes, mais beaucoup plus chers, les Mig-29M2 ou Mig-35, dont le coût unitaire oscille entre 5 et 10 millions de dollars de plus. Une des raisons possibles du revirement algérien serait, selon les spécialistes russes, la pression exercée par la France pour vendre des avions Rafale à l'Algérie.
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Un des patrons les plus importants de la mafia calabraise, dans le Sud de l'Italie, a été arrêté ce lundi. Pasquale Condello figurait sur la liste des 30 criminels les plus recherchés d'Italie ; il était en fuite depuis près de 20 ans. En 1989, Condello avait été condamné par contumace à la prison à vie pour le meurtre d'un ex-président de la compagnie nationale des chemins de fer.
Pasquale Condello, alias le Suprême, était recherché depuis 1987, et son nom était inscrit sur la liste des 30 criminels italiens les plus dangereux. Agé de 57 ans, il était à la tête du clan Cordi, le plus redoutable de la province de la Reggio di Calabria.
Il serait le commanditaire de plus de 100 meurtres, dont celui du président de la région, Francesco Fortugno, assassiné en octobre 2005.
Il a été arrêté au cours d’une opération définie par les autorités « à très hauts risques », à Reggio di Calabria, dans l’appartement où il se cachait, en compagnie d’autres personnes.
Pour le ministre de l’Intérieur, Giuliano Amato, son arrestation est aussi importante que fut celle de Bernardo Provenzano, par un sanguinaire de Cosa Nostra, la mafia sicilienne. Selon ses déclarations, elle devrait mettre un frein aux activités de la 'Ndrangheta, spécialisée dans les rapts.
Cette organisation criminelle a depuis ces 20 dernières années considérablement élargi son champ d’activité : immobilier, chantiers publics, rackets, trafics de stupéfiants ; son chiffre d’affaires annuel est estimé à plus de 35 milliards d’euros.
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Ce début d'année a sonné le réveil de l'inflation. En janvier, elle a atteint 7,1 % par rapport à janvier 2007. La hausse la plus importante depuis 10 ans selon les responsables du bureau des statistiques.
C'est une conjonction de facteurs qui a fait déraper les prix. Il y a pour commencer la croissance toujours aussi soutenue ; les taux demeurent supérieurs à 10 %. Les excédents commerciaux volent de record en record et la Chine continue d'accumuler des réserves de change qui alimentent la croissance.
Mais en plus des ces facteurs structurels, il y a surtout les évènements des mois de janvier et février ; les tempêtes de neige qui ont réduit les approvisionnements en produits alimentaires et la très forte demande à l'occasion du Nouvel an.
Résultat, le prix de l'huile a progressé de 37 % sur un an. Pour l'ensemble des produits alimentaires, la hausse est de 18,2 %.
Un problème grave pour le gouvernement qui tente par tous les moyens de freiner la hausse en subventionnant par exemple certains produits comme la viande de porc.
Mais au-delà, on peut s'attendre à des mesures beaucoup plus radicales destinées à reduire la masse monétaire. La banque de Chine pourait décider une nouvelle augmentation des réserves obligatoires des banques, pour éponger un peu le trop plein de liquidités.
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Les Cubains se sont réveillés ce mardi matin dans un pays différent. Car leur « lider maximo » leur a adressé un message, publié en pleine nuit par l’organe officiel du régime, Granma : « Je n'aspirerai ni n’accepterai – je répète – je n'aspirerai ni n'accepterai la charge de président du Conseil d'Etat et de Commandant en chef ».
Avec ces mots signés de sa main, Fidel Castro officialise donc son départ définitif du pouvoir après 19 mois d’incertitude politique. Dans son message, Fidel Castro admet n'avoir pu surmonter les séquelles d'une grave hémorragie intestinale. Celle-ci l'a conduit à céder en juillet 2006 les rênes du pays à son frère Raul. Depuis, le père de la révolution cubaine n’est plus apparu officiellement en publique. Ce qui ne l’a pas empêché de prendre régulièrement la parole sur des vidéos ou dans des tribunes publiées par la presse officielle. De plus, Fidel Castro fait tout pour entretenir le suspense sur son avenir politique. En décembre dernier il évoque pour la première fois la possibilité de laisser sa place de leader incontournable à des personnes plus jeunes. Mais il se fait réélire ensuite à l’Assemblée nationale cubaine en tant que député – la condition préalable pour être de nouveau désigné comme président du Conseil d’Etat, la plus haute instance cubaine.
Cette présence maintenue à tout prix pendant toute cette période de la convalescence de Castro fait partie, selon certains experts, d’une grande stratégie de transition, méticuleusement mise en scène par l’élite dirigeante cubaine.
publié par CHABOUNI Youcef dans: Actualité

