Au côté de la France, le plus fervent avocat de l’élargissement du G8 est l’Allemagne. « Nous sommes en train construire la maison de la mondialisation », a proclamé la chancelière Angela Merkel. Le président américain George W. Bush serait également favorable à cet élargissement. A quoi bon discuter du prix du pétrole sans l'Arabie Saoudite, premier producteur mondial ? Ou réfléchir au dérèglement climatique sans la Chine, troisième économie mondiale et premier pollueur de la planète. Aussi puissants soient-ils, les huit pays les plus riches du monde ne peuvent plus régler, seuls, les problèmes majeurs de la planète. Déjà en 2001, le G8 a fait l'objet de critiques parfois virulentes, avec des manifestations violentes lors du sommet de Gênes.
Comme certains chefs d’Etat, bon nombre d’experts estiment que le G8 est appelé à se réformer ou à disparaitre. Selon Andrew Cooper , spécialiste du G8 à l'université de Waterloo (Canada), « le G8 ne pourra pas continuer longtemps à inviter les autres grands pays pour le petit-déjeuner et attendre d'eux qu'ils déguerpissent ensuite ». Dans le futur, ces invités exceptionnels pourraient être amenés à participer à tous les débats et à terme, devenir membre à part entière d’un G13. Et Andrew Cooper d’expliquer : « C'est risqué parce que ces pays ne sont pas sur la même longueur d'onde que le G8, et on n'en reviendra pas aux réunions cosy au coin du feu des années 70. Mais pour que le club fonctionne, il est vraiment logique de le faire ».
L’idée d’une réunion en format G13 soulève de nombreuses réticences et notamment du Japon, farouchement attaché au principe du G8. L’unique pays asiatique membre du G8 voit l’entrée de la Chine et de l’Inde comme un coup porté à son influence. Le Japon s’oppose également à l’entrée de la Chine, car cette dernière lui bloque l’accès à un droit de veto au Conseil de sécurité de l’Onu. Lors de leur rencontre à Rome au sommet de la FAO en juin, le Premier ministre japonais, Yasuo Fukuda, avait déjà communiqué à Nicolas Sarkozy son opposition à l’idée d’un G13. Il y a également des réticences du côté des nouveaux adhérents. Les dirigeants chinois, notamment, se méfient de ce type de sommets internationaux qui peuvent déboucher sur des pressions politiques. Selon un spécialiste chinois, « la Chine est encore hésitante à propos de l’élargissement du G8, car d’un côté nous voulons prendre plus de responsabilités internationales, mais de l’autre le fondement de notre diplomatie reste le monde en développement ».
Fondé en 1975 par l'Allemagne, les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l'Italie et le Japon, le G8 n’est ni une institution, ni une organisation internationale. Il s’apparente plutôt à un groupe de discussion entre les chefs d’Etat et de gouvernement, mais sans pouvoir de décisions. Son rôle est toutefois réel, puisqu'il a une forte capacité de concertation, particulièrement en matière économique. On lui doit notamment l’initiative sur la dette des pays pauvres très endettés.
En 1976, le G6 s’élargit au Canada puis, en 1998, à la Russie, laquelle reste cependant exclue de la plupart des réunions financières et monétaires. A partir de 1989, le G8 qui entend se départir de son image de « club des riches », commence à inviter des dirigeants africains et arabes à une partie des débats. A côté des questions économiques générales, sont abordés des sujets tels que la lutte contre le sida et les grandes pandémies ou bien encore la lutte contre la pauvreté.